Le paludisme grave au cours de la grossesse à la maternité du centre médical communal de ratoma Guinee-Conakry
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Résumé
Objectifs: les objectifs étaient de décrire les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et
pronostiques des patientes ayant développé un paludisme grave au cours de la grossesse.
Méthodologie: il s'agissait d'une étude prospective de type descriptif réalisée à la maternité du centre médical communal de Ratoma qui s'est étendue sur une période de 6 mois allant du 01.10.2018 au 31.03.2019.
Résultats: la fréquence du paludisme grave au cours de la grossesse était de 7%. L'âge moyen de nos patientes était de 22,4 ans
avec des extrêmes de 15 et 47 ans, les tranches d'âge 15-19 ans et 20-24 ans ont été les plus touchées (33,92% et 36,60%). Les
primipares étaient les plus concernées(53,6%). La parité moyenne était de 3,2. Très peu de patientes (6%) ont utilisé des
moustiquaires imprégnées d'insecticides (MII). Le traitement préventif intermittent(TPI) avec l'absorption au deuxième et au
troisième trimestre de la grossesse de 3 comprimés contenant chacun 500 mg de sulfadoxine et 25 mg de pyriméthamine a été
rapportée dans 23,5%. L'âge gestationnel moyen au moment de survenue du paludisme grave était de 29 semaines. La
symptomatologie ayant motivé la consultation était variable, les signes les plus fréquents étaient les suivants : hyperthermie(100%), céphalées(79%), Vomissements(99%). L'examen général à l'entrée objectivait une fièvre avec une température moyenne de 39°C. Toutes les patientes avaient un test de diagnostic rapide( TDR) positif ainsi que leur goutte épaisse. Toutes les patientes ont bénéficié d'un traitement à base de quinine administrée par voie parentérale(100%). Après le paludisme grave, 70 patientes ( 62,5% ) ont mené leur grossesse jusqu'à terme et 40 ont accouché d'un enfant eutrophique(35,71%), 30 (26,78%) ont accouché d'un hypotrophe, 20 (17,85%)ont eu un avortement spontané , l'accouchement prématuré a été observé chez 10 patientes(8,9%) et la mort fœtale in utero a été observée chez 12 patientes(10,71%). La létalité maternelle était de 1,8%.
Conclusion: Pour améliorer ce pronostic, il faut promouvoir davantage le traitement préventif intermittent qui constitue la méthode de prévention la plus efficace à l'heure actuelle dans l'attente d'un vaccin tant espéré.