Mortalité maternelle chez les adolescentes a l'hopital Fousseyni Daou de Kayes sur une décennie

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Mahamadou DIASSANA
B MACALOU
S DEMBELE
A SIDIBE
M BALDE
A BOCOUM
S FANE
Y TRAORE

Résumé

Introduction : La grossesse chez l'adolescente est une grossesse à haut risque. Le but de cette étude était d'étudier la mortalité maternelle chez les adolescentes dans le service de gynécologie et d'obstétrique à l'Hôpital Fousseyni Daou de Kayes sur une période de 10 ans.
 Matériels et méthodes : Il s'agissait d'une étude descriptive, analytique, transversale, rétrospective sur neuf ans du 1e Janvier 2008 au  31 Décembre 2017 et prospective sur une période de 12 mois du 2 janvier 2018  au 31 décembre 2018 portant sur toutes les adolescentes admises et décédées en période gravido-puerpérale dans le service de gyneco obstetrique de l'Hôpital Fousseyni Daou. Le traitement et l'analyse des données statistiques ont été effectués grâce au logiciel SPSS 20.0. Le test exact de Fischer  a été utilisé pour comparer les proportions
 Résultats : Nous avons recensé au cours de notre étude un nombre total de 42366 accouchements dont  8520 accouchements chez les adolescentes soit une fréquence de 20,11% et 104 décès maternels chez les adolescentes (1,22%). Dans notre étude la tranche d'âge 16-17 ans était plus représentée avec 47,6%. Les patientes décédées vivaient en zone rurale à 78% et étaient sans instruction à 80,8% de même 64,4% des procréateurs étaient sans instruction. Dans notre série 54,8% des patientes décédées n'avaient pas fait de CPN, 59,6% ont été évacuées. L'éclampsie a représenté 48,2% des diagnostics retenus à l'admission, 72,5% des indications de césarienne et 50% des causes de décès. Dans notre étude 52,3% des nouveau-nés étaient vivants. Le décès est  survenu dans  82,7% dans le post partum. La cause obstétricale directe a été prédominante  66%.
 Conclusion : Dans notre contexte, la mortalité maternelle chez les adolescentes reste élevée. C'est une grande tragédie humaine qui affecte tant au niveau individuel, familial que social. Nos principales causes sont celles retrouvées par la plupart des études africaines à savoir l'éclampsie, l'hématome retro-placentaire, les hémorragies du post partum, l'anémie et la septicémie. La mortalité maternelle loin d'être une fatalité, pourrait être réduite considérablement avec des  approches telles que les SONU efficaces et les audits de décès maternels. Il s'agit donc d'un défi à relever.

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